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L’ERE DU VERSEAU
LES GRANDES ERES ET L’ERE DU VERSEAU
Popularisée en son temps par la fameuse chanson de la comédie musicale « Hair » :
« Aquarius » (Aquarius signifie Verseau en anglais), cette notion d’ère du Verseau est l’un des
sujets les plus discutés de l’astrologie, aussi essayons d’y voir plus clair.
Pour expliquer le phénomène, il va falloir faire un tout petit peu de mécanique céleste,
mais je vous rassure, cela n’ira pas très loin :
Nous avons toujours découpé le temps en fonction des mouvements de notre planète ;
tout le monde connaît les deux principaux mouvements de la Terre, sa rotation sur elle-même
en 24 heures, qui donne les journées, et sa rotation autour du Soleil, qui donne les années et les
saisons.
Or il existe un troisième mouvement, beaucoup moins perceptible et beaucoup plus
lent, mais néanmoins indiscutable : l’axe de rotation de la Terre oscille comme une toupie et
décrit un cercle d’une période moyenne de 25.920 ans. Ainsi, l’étoile polaire n’a pas toujours
été l’étoile a de la Petite Ourse comme en ce moment, mais était proche, par exemple, de Véga
de la Lyre il y a 12.000 ans. Autre conséquence de ce cycle très lent, l’endroit où l’équateur
coupe l’écliptique (le point g qui nous sert de point de repère pour le début du Zodiaque) décrit
un cercle complet, rétrograde, en 25.920 ans, et donc recule de la valeur d’un signe zodiacal en
2.160 ans (25.920/12). Le Soleil atteint la position de ce point g à l’équinoxe de printemps,
c’est pourquoi ce mouvement est connu sous le nom de « précession des équinoxes ».
C’est ce qui explique que, petit à petit, d’un degré tous les 72 ans, les signes zodiacaux,
découpant l’écliptique en 12 depuis le point g, se décalent par rapport aux constellations qui
leur ont donnés leur noms. Le décalage est d’un signe entier en 2.160 ans.
Ce phénomène a été mis en évidence par Hipparque au début de notre ère (128 après
J.C.) ; depuis un certain temps déjà, l’on avait donné aux signes du Zodiaque le nom des
constellations se trouvant derrière eux.
Depuis ce temps-là, le point g rétrograde à travers la constellation des Poissons, et
c’est pourquoi nous disons que depuis approximativement 2.000 ans nous nous trouvons dans
l’Ere des Poissons. Cette ère va donc bientôt finir et nous allons entrer dans une nouvelle
grande ère de 2.160 ans, l’Ere du Verseau.
Cela est bien beau, et jusque-là même l’astronomie officielle est d’accord, mais existe-t-
il un rapport entre ce phénomène céleste et les civilisations humaines ?
C’est là que nous quittons l’astronomie pour l’astrologie, comparant la symbolique céleste aux
phénomènes terrestres.
Avant d’aborder directement l’Ere du Verseau, examinons les grandes Eres qui l’ont
précédées.
La symbolique du Poisson se retrouve constamment dans l’Ere chrétienne ; voici
quelques exemples :
Les premiers chrétiens, au temps où ils étaient pourchassés par l’autorité romaine, avaient
adopté le poisson comme signe de reconnaissance ; un poisson tracé sur le sable du bout de la
lance par un garde faisait comprendre au prisonnier que son gardien était de la même religion
que lui. Pourquoi ce symbole ? En grec, poisson se dit icqus (ichthus), chacune des lettres
étant l’initiale de : Jésus Christ, fils de Dieu, sauveur.
La mitre, que le Pape et les évêques portent sur la tête lors des cérémonies religieuses, a la
forme d’une tête de poisson.
Un des miracles les plus célèbres est la multiplication des pains et des poissons du Lac
Tibériade.
Jésus était d’ailleurs entouré de plusieurs pécheurs dans ses disciples.
Ne dit-on pas « pécher » pour commettre une faute, ou plus simplement « pécheurs » pour
qualifier les humains (« nous autres, pauvres pécheurs »).
Il convient aussi de ne pas oublier que nous sommes en présence du mouvement d’un
axe, axe de rotation de la Terre, équinoxe d’automne face à l’équinoxe du printemps. Or face
au signe des Poissons se trouve le signe de la Vierge. Et, face au personnage du Christ se
trouve la Vierge Marie, dont l’importance dans le culte chrétien est considérable.
Le message christique est tout à fait dans la symbolique du signe des Poissons, domicile
de Jupiter et de Neptune, lieu d’exaltation de Vénus : message d’amour « aimez-vous les uns
les autres », message de croissance « croissez et multipliez », message de charité, message de
non-violence, message de Rédemption dans les épreuves.
Cette Ere des Poissons faisait suite à l’Ere du Bélier, beaucoup plus guerrière,
beaucoup plus violente, conquérante. De là les paraboles sur le pasteur allant chercher les
brebis égarées ( il fallait aller chercher les gens encore marqués par l’ancienne ère). Le violent
bélier est devenu l’agneau pascal.
Cette Ere du Bélier (approximativement de -2000 à 200) est aussi en relation
symbolique avec le signe du Bélier, dominé par Mars, le dieu de la guerre, et lieu d’exaltation
du Soleil.
Le métal associé à Mars est le fer et le début de la métallurgie du fer fut d’une importance
considérable. Les peuples sachant faire des armes en fer faisaient la conquête des peuples
possédant encore des armes de bronze.
La civilisation Romaine, la religion Hébraïque, la civilisation Ionienne sont typiques de cette
période. Regardez le chapiteau des colonnes ioniennes, avec leurs volutes enroulées sur elles-
mêmes, rappelant les cornes du bélier.
Avant l’Ere du Bélier était l’Ere du Taureau ( -4200 à -2000), signe de Terre, avec le
passage des civilisations à l’agriculture (travail de la terre), à l’artisanat (la poterie, la terre
cuite), la métallurgie du cuivre (métal de Vénus, maître du Taureau) puis du bronze. La
représentation de taureaux est omniprésente dans les vestiges archéologiques de cette époque.
Et encore avant était l’Ere des Gémeaux, davantage marquée par la pratique générale de la
chasse-cueillette.
Je vous cite un petit passage de R. A. Schwaller de Lubicz, « Le roi de la théocratie
pharaonique », Flammarion 1961 :
« Ainsi la préhistoire pharaonique fut dominée par les Gémeaux, Shou et Tefnout,
dont la nature consiste à séparer le Ciel de la Terre, ce que l’on a traduit par « les deux
couronnes » de l’Empire encore dualisé. Il y avait alors le royaume du Sud avec sa capitale
double Nékhen et Nékheb, et le royaume du Nord avec sa capitale double Dep et Pé. ...
Sous l’Ancien Régime, à Memphis, ce fut la domination de Hap, le Taureau, qui
précipita le Feu céleste sous forme terrestre. Le Taureau, grand Neter de la période
historique qui s’étend de l’an 4380 jusqu’à 2200 avant J.C., commande également la
civilisation crétoise.
Depuis le Moyen Empire jusqu’au début de notre ère christique, ce fut la domination
d’Amon le Bélier. .... »
Ainsi la symbolique zodiacale de ces grandes ères semble marquer une trame discrète, sous-
jacente aux grandes civilisations et grandes religions des époques concernées ; mais il faut se
garder d’y voir des dates trop précises. Le passage à l’agriculture, par exemple, s’est fait à des
époques différentes suivant les régions, et s’est étalé sur des centaines d’années. La symbolique
zodiacale ne reste qu’une teinte discrète, une trame de fond pour des civilisations ou des
religions très différentes les unes des autres, et plus ou moins en avance les unes sur les autres.
Il est également très intéressant de relever certaines similitudes à l’intérieur même de
ces grandes ères, comme si un grand rythme de 2.160 ans cadençait l’histoire de l’humanité.
Cela est une clé pour déchiffrer des correspondances entre civilisations.
Ainsi le siècle d’or de Périclès, le 5ème siècle avant J.C., qui fut l’apogée culturelle de
la Grèce antique correspond au 17ème siècle, le siècle des lumières, avec son apogée littéraire
et artistique. L’analogie est évidente entre les cités Grecques (pour l’Ere du Bélier) et les pays
de la ’vieille’ Europe (pour l’Ere des Poissons). La Rome Antique se trouverait alors en
analogie avec les USA aujourd’hui.
La naissance d’Alexandre le Grand (-356) correspond exactement à l’avènement de
Napoléon (1804). Les conquêtes de l’un et de l’autre ont peu d’équivalent ...
La première (-264, -241), puis la deuxième guerre Punique (-217, -172), guerres entre
Rome et Carthage qui ravagèrent le monde antique en voyant s’affronter les deux plus grandes
puissances de l’époque, se retrouvent presque exactement 2.160 ans plus tard dans nos deux
conflits mondiaux ( Annibal étant le Romel de l’époque !)
Attention à cette comparaison cyclique, le monde antique connu une troisième et dernière
guerre punique (-149, -146) qui finit par la destruction totale et définitive de l’empire
Carthaginois ! (Dans notre ère, cela correspond à 2011-2014...)
Après ces exemples, montrant la réalité de ces cycles, un dernier point, crucial, reste à
régler : quand commencent exactement ces ères, quel est le point 0 et donc quand débutera
exactement l’Ere du Verseau ?
Cette question a énormément divisé le monde astrologique ; autant le calcul de la durée d’un
cycle est précis et nous vient de la rotation de l’axe de la Terre, autant il est difficile de dire
quel est la date de départ. Les dates les plus diverses ont été avancées, souvent les plus
fantaisistes ; il suffit d’un rassemblement de plusieurs planètes en Verseau pour qu’aussitôt on
nous annonce le début de l’Ere. Et il est évident que chacun la cherche à son époque, ou tout
au moins de son vivant !
Je vais là décevoir peut-être beaucoup de gens, mais le seul calcul sérieux en la matière, calcul
que j’ai cherché pendant 20 ans, et trouvé dans l’astrologie hindoue, nous amène encore très
loin du point exact de ce changement d’ère
Les Hindous pratiquent une astrologie sidérale, basée sur un zodiaque fixe correspondant aux
constellations. Ils est donc nécessaire, dans ce type d’astrologie, de connaître exactement le
décalage entre les deux zodiaques, décalage qu’ils appellent ayanamsa, et qui nous interresse
au premier plan, puisque c’est cet ayanamsa qui chiffre la position du point g par rapport aux
constellations.
Ce décalage se calcule très précisément, avec toutefois deux variantes que l’on appelle du nom
des auteurs des calculs « ayanamsa Fagan » ou « ayanamsa Lahiri ».
Les constellations zodiacales ayant des longueurs variables, et ne faisant pas un découpage
régulier du ciel en portions de 30 , les anciens se sont basés sur une étoile fixe pour « caler »
leur zodiaque.
De là deux traditions nous sont venues :
La tradition égyptienne, qui calait son zodiaque sur Antares, « le coeur du Scorpion »,
opposée à Aldébaran, « l’oeil du Taureau ». Le zodiaque sidéral est alors construit de façon
que ces deux étoiles soient au centre (15 ) de leur signe respectif. C’est ce que l’on appelle le
zodiaque sidéral Fagan.
La tradition Hindoue, elle, se cale sur l’Epi de la Vierge, de façon à ce qu’elle délimite le
signe de la Vierge et celui de la Balance. C’est le zodiaque sidéral Lahiri.
La différence est minime entre les deux traditions, de l’ordre de 0,8 .
Ces deux calculs nous amène à un alignement parfait entre les deux zodiaques, soit au
degré 0 de l’Ere des Poissons, pour les années 229 (Fagan) ou 292 (Lahiri). Longtemps donc
après la naissance du Christ ...
Ce qui nous donne, comme début exact de l’Ere du Verseau, l’an 2389 pour Fagan, l’an 2452
pour Lahiri. Nous n’y sommes pas encore vraiment, même si la transition entre deux ères prend
des centaines d’années...
Tout juste percevons-nous les prémisses de cette ère nouvelle. Mais ces prémisses sont
importants. Tout comme le Christ semble être né 300 ans avant le début « officiel » de la
nouvelle ère afin d’en préparer le passage, de même les influences Verseau sont déjà présentes
dans nos sociétés actuelles afin d’en amorcer la tendance.
Si l’on suit André Malraux, le 21éme siècle sera peut-être religieux, mais sûrement pas
les siècles suivants. En effet, le coté mystique est typique de la symbolique des Poissons (la
plus grande partie de l’Ere des Poissons est ce que l’on appelle le Moyen-Age), mais n’est pas
du tout caractéristique de la symbolique Verseau. Il est prévisible que les grandes religions
actuelles s’éteindront peu à peu d’ici la fin de notre Ere ; la religion musulmane, dernière née,
étant probablement la dernière à s’éteindre ou à muter. Car les messages resteront toujours, les
vérités sont éternelles, mais il faut des réponses modernes et actuelles aux questions des
hommes d’aujourd’hui.
L’élément Eau des Poissons implique un certain silence, un certain secret ( toutes les
religions ont un ésotérisme transmis entre initiés ) qui n’aura plus raison d’être dans l’Ere du
Verseau, signe d’Air, axé sur la communication entre tous les hommes, sur l’égalité de chacun,
sur la fraternité. Cela ne veut donc pas dire qu’il n’y aura plus de religions, mais qu’elles seront
différentes, rajeunies, modernisées, préparant l’humanité à un nouveau bond de 2000 ans.
Après le message du Père, après le message du Fils, il y aura peut-être le message du Saint-
Esprit !
Voici quelques mots clés de la tendance Verseau : liberté, égalité, fraternité, amitié,
modernisme, altruisme mais individualisme.
Le collectif perd de son importance au profit de l’individuel ; la société est la somme des
individus et non un organisme autonome et tentaculaire où l’Homme est parfois « noyé » dans
la masse.
L’expansion tournée vers l’infini « à la mode Poissons » ne continuera plus : croissez et
multipliez-vous, ce sera terminé dans la nouvelle ère. Passant d’une maîtrise de Jupiter
(« expansion ») et de Neptune (« l’infini ») à une maîtrise de Saturne (« rétraction,
structuration ») et d’Uranus, la planète découverte au moment de la Révolution française
(« libération »), nul doute que les temps futurs sauront résoudre le problème de la démographie
galopante. D’ailleurs, ce problème ne se pose que dans les pays « en voie de développement » ;
le problème se résoudra de lui-même quand les richesses mondiales seront réparties
équitablement entre les populations, quand l’égalité sera « officiellement » de mise et que le
riche n’exploitera plus le pauvre. Tous les pays les plus riches ont une démographie qui
s’équilibre. Le problème est donc davantage une meilleure répartition des richesses au niveau
planétaire.
Mais il est fort possible que cette transition ne puisse se faire sans quelques insurrections qui
seront sûrement douloureuses pour les pays les plus riches, ou pour ceux qui refuseront ce
partage universel.
Dans l’Ere du Verseau, le signe le plus « humain » de tout le zodiaque, l’Homme, libéré d’une
conquête matérielle exténuante qui l’occupe pratiquement à temps plein actuellement, se
retrouvera au centre de la scène, à résoudre des problèmes d’Homme (au fait, à part conquérir
le monde et tenter d’amasser des richesses, qu’est-ce que l’on fait sur cette planète ?)
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